Gueules en terre, bleus !
Dès les premiers jours sur le campus, les petits nouveaux consentants -dites «bleus» et «bleuettes»- seront accueillis comme il se doit par les anciens qui leur proposeront tout un tas d’activités rigolotes, comme un pique-nique, un rallye cafés/chopes ou encore l’élection du roi des bleus.
Car avant le baptême proprement dit, apothéose d’environ un mois et demi de «réjouissances», les bleus et bleuettes devront se promener docilement «gueule en terre», jouer à des jeux saugrenus, chanter des chansons paillardes et ingurgiter des mets (a)variés, tout cela sous l’œil attentif des «poils» et «comitards», là pour leur inculquer les rites et traditions propres à leur faculté ou haute école.
Masos, les bleus?
«Moi, j’en garde un bon souvenir!», raconte Nicolas, un ex-bleu de l’UCL. «Je me suis fait plein d’amis durant mon baptême que je continue à voir encore aujourd’hui alors que j’ai terminé mes études».
«C’est une belle ouverture sur le monde universitaire», explique de son côté Julien, président de baptême du cercle de droit de l’ULB. «On apprend à connaître pas mal de gens. On voit les choses un peu différemment après. J’ai toujours été d’avis que l’université, ce n’était pas fait que pour venir y suivre les cours puis rentrer chez soi directement.»
Pas un bizutage en règle
Mais comment faire le tri parmi toutes ces rumeurs qui entourent les futurs baptisés? «Je mets souvent la dérision en avant. Savoir se moquer de soi-même. Parfois il vaut mieux en rire qu’en pleurer, cela a toujours été mon optique», explique ainsi le président de baptême.
A la différence du bizutage en France, le baptême chez nous n’est pas obligatoire. «Du trash, il en faut un peu, mais il ne faut pas que cela déborde», continue Julien. «On a des Français chez nous à l’unif qui pensaient que le baptême, c’était comme le bizutage en France, alors que ce n’est absolument pas le cas. Nous avons entre guillemets le soutien des autorités. C’est quand même légitimé, tandis qu’en France, ils font vraiment n’importe quoi, il n’y a pas de message derrière».
Même en vétérinaire à Liège, contrairement à ce que l’on peut penser, le baptême n’est pas obligatoire pour avoir une chance de réussir! «Tous les étudiants restent libres de faire leur baptême ou pas», assure Samuel Azzolini, président de la Société Générale des Étudiants en Médecine Vétérinaire à Liège. «Étant donné que les étudiants peuvent se lancer dans l’aventure seulement à partir de la 2ème année de bachelier, ils sont déjà plus matures; ils ont eu le temps de bien réfléchir à la question.» Des propos que confirme une étudiante: «on n’a jamais essayé de me forcer. Ils font un peu leur publicité dans les auditoires et tout cela, mais ce n’est pas du tout obligatoire.» Même chose pour l’obtention des syllabus. «Cela ne change rien. On reçoit les cours et syllabus que l’on soit ou non baptisé. Idem pour les stages. Mais les bons plans pour les examens? «En se débrouillant un peu, on peut aussi dénicher les tuyaux», affirme-t-elle.
Certains craignent cependant que ce mois et demi de «bleusailles» -il se termine en général fin octobre ou début novembre, selon les facultés- n’empiète sur le temps d’étude. Et pourtant... «Je l’ai fait, je ne suis pas le seul, et je m’en suis toujours bien sorti! Il faut juste s’y mettre à fond une fois que c’est terminé» indique Julien. «Beaucoup d’étudiants se disent ‘Après la Saint V (qui célèbre la fondation de l’ULB chaque 20 novembre, ndlr), j’étudie’, mais c’est déjà possible d’étudier avant. C’est aussi cela l’unif: arriver à se prendre en main et à gérer son temps», poursuit Julien.
Quant à savoir en quoi consistent réellement ces «bleusailles», le secret est bien gardé! «On n’a pas beaucoup d’échos, ils gardent cela entre eux», raconte une non-baptisée. Alors si la curiosité vous titille...
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